• Rêve érotique

    Il est grand, il me tient dans ses bras, il embrasse mon front, mes paupières, mes yeux. Je ne sais pas qui c'est. Il y a ses longs cheveux qui tombent sur mon visage. Nous sommes face à face, le thé infuse depuis trop longtemps. Ces lèvres descendent sur mes joues, je sens sa peau sous mes doigts. Son T-shirt a disparu, je promène mes lèvres sur ces trapèzes qui s'offrent à moi. Bras musclés, trapèzes développés en finesse. Danseur ? Batteur ? Grimpeur ? Je ne sais pas. Il m'embrasse.

    Cambrure de mon dos qui appelle les caresses. Envie d'être prise par la taille, il le fait. Il grignote ce cou offert, gémissement, tissus qui bruissent. Mon dos est contre un mur, il est froid, je n'ai plus de robe. Ça doit être ce bout de tissu bleu qui traîne là bas. Il y a un jean d'homme avec. Nous avons changé de pièce. Je sens sa peau contre la mienne, j'ai l'impression que chaque centimètre de ma peau est en contact avec la sienne. Je mêle nos langues. Il se raidit, je glisse mes mains sur son ventre, il en glisse une sur mes formes.

    Nous sommes dans un lit, sa barbe me chatouille, je ris, il sourit. Je l'attire à moi, il tire sur ma lèvre inférieure avec ses dents, j'emmêle mes doigts à ses cheveux. Il est brun, blond, et roux tout à la fois. Ces yeux changent de couleur. Il est un et multiple. Il est comme la femme de Verlaine et je l'aime d'autant plus. Il chuchote des mots doux à mes oreilles, sa peau est brûlante. Nous nous aimons jusqu'à ce que l'aurore arrive.

    Rêve érotique, fantasmes infinis...

    ______________

    Je fais souvent ce rêve étrange et pénétrant
    D'une femme inconnue, et que j'aime, et qui m'aime
    Et qui n'est, chaque fois, ni tout à fait la même
    Ni tout à fait une autre, et m'aime et me comprend.

    Car elle me comprend, et mon coeur, transparent
    Pour elle seule, hélas ! cesse d'être un problème
    Pour elle seule, et les moiteurs de mon front blême,
    Elle seule les sait rafraîchir, en pleurant.

    Est-elle brune, blonde ou rousse ? - Je l'ignore.
    Son nom ? Je me souviens qu'il est doux et sonore
    Comme ceux des aimés que la Vie exila.

    Son regard est pareil au regard des statues,
    Et, pour sa voix, lointaine, et calme, et grave, elle a
    L'inflexion des voix chères qui se sont tues.

    Paul Verlaine


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